Stagiaire mineur : horaires, autorisations et précautions en entreprise
Accueillir un stagiaire mineur : horaires, durée, autorisations parentales, sécurité et interdictions. Règles pour stages 3e, seconde et lycée pro.

Accueillir un stagiaire mineur en entreprise, que ce soit pour un stage de 3ème, de seconde, ou dans le cadre d’un bac pro ou d’un CAP, impose des règles strictes en matière d’horaires, de sécurité et d’autorisation parentale. Ces règles, inspirées du Code du travail applicable aux jeunes travailleurs, visent à protéger la santé et la sécurité des jeunes de moins de 18 ans.
Les obligations de l’employeur, les horaires autorisés, les interdictions et les précautions à prendre pour que le stage se déroule dans le respect de la loi et du bien-être du jeune.
Qu’est-ce qu’un stagiaire mineur ?
Un stagiaire mineur est un jeune de moins de 18 ans qui effectue un stage en entreprise ou en administration dans le cadre de sa scolarité. On distingue généralement trois profils :
- Les élèves de 3ème (14-15 ans) : stage d’observation obligatoire d’une semaine, appelé aussi stage de découverte.
- Les élèves de seconde générale ou technologique (15-16 ans) : stage d’observation optionnel de deux semaines en juin.
- Les élèves en lycée professionnel ou en CAP (15-18 ans) : périodes de formation en milieu professionnel (PFMP) pouvant aller de quelques semaines à plusieurs mois sur l’année, avec des missions plus opérationnelles.
Quelle que soit la situation, le stagiaire mineur bénéficie de protections spécifiques qui s’ajoutent aux règles générales applicables à tous les stagiaires.
Horaires et durée de travail d’un stagiaire mineur
Le Code du travail, dans sa section relative aux jeunes travailleurs de moins de 18 ans, fixe des limites strictes que l’entreprise doit respecter pour les stagiaires mineurs :
Durée maximale de présence
- 7 heures par jour maximum.
- 35 heures par semaine maximum.
Ces durées incluent le temps de présence effective dans l’entreprise, les réunions, les déplacements encadrés, et toute activité liée au stage. Elles ne peuvent pas être dépassées, même exceptionnellement.
Pauses et repos
- Après 4 h 30 de présence consécutive, le stagiaire mineur doit bénéficier d’une pause d’au moins 30 minutes.
- Repos quotidien : 14 heures consécutives pour les moins de 16 ans, 12 heures pour les 16-18 ans.
- Repos hebdomadaire : deux jours consécutifs, généralement le week-end.
Ces règles sont impératives et ne souffrent aucune dérogation pour un simple stage d’observation. Pour les PFMP en lycée professionnel, des dérogations limitées peuvent exister dans certains secteurs (boulangerie, hôtellerie, spectacle), mais elles doivent être validées par l’inspection du travail et l’établissement scolaire.
Horaires de nuit
Le travail de nuit est interdit pour les stagiaires mineurs :
- Pour les moins de 16 ans : interdiction entre 20 h et 6 h.
- Pour les 16-18 ans : interdiction entre 22 h et 6 h.
Des dérogations existent pour certains secteurs (boulangerie, pâtisserie, hôtellerie-restauration, spectacles), mais elles sont très encadrées et nécessitent une autorisation de l’inspection du travail. Elles ne concernent généralement pas les stages d’observation courts.
Autorisation parentale et convention de stage
Tout stage effectué par un mineur doit être formalisé par une convention de stage tripartite signée par :
- L’établissement scolaire (collège, lycée, CFA).
- L’entreprise ou l’organisme d’accueil.
- Le stagiaire et ses représentants légaux (parents ou tuteurs).
La signature des parents ou représentants légaux est obligatoire. Sans cette signature, la convention n’est pas valide et le stage ne peut pas avoir lieu.
La convention doit préciser :
- La durée et les dates du stage.
- Les horaires de présence.
- Les missions confiées (adaptées à l’âge et au niveau scolaire).
- Le nom du tuteur en entreprise.
- Les conditions de sécurité et d’assurance.
Pour en savoir plus sur le cadre légal et administratif, consultez notre guide sur la convention de stage.
Sécurité et travaux interdits pour les mineurs
Le Code du travail interdit aux mineurs, y compris en stage, d’effectuer certains travaux dangereux, sauf dérogations très encadrées dans le cadre de formations professionnelles (lycée pro, CAP, apprentissage) :
- Utilisation de machines dangereuses (scies circulaires, presses, engins de chantier, etc.).
- Travail en hauteur (toits, échafaudages, nacelles).
- Manipulation de produits chimiques dangereux, toxiques, ou cancérigènes.
- Travail dans des ambiances dangereuses (températures extrêmes, bruits intenses, vibrations, rayonnements).
- Port de charges lourdes (au-delà de 15 kg pour les garçons de 14-15 ans, 10 kg pour les filles ; au-delà de 20 kg et 15 kg pour les 16-17 ans).
- Contact avec des animaux dangereux ou avec le public dans des conditions à risque.
Pour les stages d’observation en 3ème ou en seconde, ces interdictions sont absolues : le jeune ne doit effectuer aucune tâche opérationnelle, seulement observer les professionnels. Pour les PFMP en lycée professionnel, l’établissement peut demander des dérogations auprès de l’inspection du travail, mais elles restent très encadrées et soumises à formation préalable.
L’entreprise doit évaluer les risques liés à la présence du stagiaire mineur et mettre en place les mesures de prévention nécessaires (équipements de protection, consignes de sécurité, surveillance renforcée).
Gratification et droits du stagiaire mineur
Les stagiaires mineurs bénéficient des mêmes règles de gratification que les stagiaires majeurs :
- Un stage de plus de 2 mois (plus de 308 heures de présence) donne droit à une gratification minimale, calculée sur la base de 15 % du plafond horaire de la Sécurité sociale (soit 4,35 € de l’heure en 2026).
- Les stages de moins de 2 mois ne donnent pas lieu à gratification obligatoire, mais l’entreprise peut décider d’en verser une.
Les stages d’observation de 3ème (une semaine) et de seconde (deux semaines) sont généralement non rémunérés, car ils durent moins de 2 mois. Pour en savoir plus, consultez notre article sur le stage de 3ème et le stage de seconde.
Que faire si l’entreprise ne respecte pas les règles ?
Si vous êtes parent, élève ou établissement scolaire et que vous constatez que l’entreprise ne respecte pas les règles applicables aux stagiaires mineurs (horaires, sécurité, travaux interdits), vous pouvez :
- Contacter le tuteur de stage ou le responsable RH de l’entreprise pour rappeler les obligations légales.
- Informer le professeur référent ou le chef d’établissement, qui peut intervenir directement auprès de l’entreprise.
- Saisir l’inspection du travail si les manquements persistent ou mettent en danger la santé ou la sécurité du jeune.
- Interrompre le stage si la situation le justifie, en lien avec l’établissement scolaire.
Les sanctions pour non-respect des règles applicables aux jeunes travailleurs sont prévues par le Code du travail et peuvent aller jusqu’à des amendes pénales et l’interdiction d’accueillir des stagiaires.
Questions fréquentes
Un stagiaire de 3ème peut-il travailler le week-end ?
Non, sauf dérogation exceptionnelle dans certains secteurs (spectacle, hôtellerie, boulangerie) validée par l’inspection du travail. En pratique, les stages de 3ème se déroulent du lundi au vendredi.
Faut-il une assurance spécifique pour un stagiaire mineur ?
Oui, le stagiaire doit être couvert par une assurance responsabilité civile (généralement celle de la famille). L’entreprise doit également l’assurer contre les accidents du travail. Ces clauses doivent figurer dans la convention de stage.
Un stagiaire mineur peut-il utiliser des machines ?
Non, en stage d’observation (3ème, seconde). En lycée professionnel ou CAP, l’utilisation de certaines machines peut être autorisée sous conditions strictes (formation, dérogation, surveillance) mais reste très encadrée.
Peut-on refuser un stagiaire mineur pour des raisons de sécurité ?
Oui, si l’entreprise estime qu’elle ne peut pas garantir la sécurité du jeune ou respecter les interdictions légales (travaux dangereux, horaires), elle peut refuser d’accueillir un stagiaire mineur.
Ce qu’il faut retenir
Accueillir un stagiaire mineur impose des obligations strictes en matière d’horaires (7 h/jour, 35 h/semaine), de repos (pauses, repos quotidien et hebdomadaire), de sécurité (interdiction de travaux dangereux), et d’autorisation parentale (signature obligatoire de la convention). Ces règles visent à protéger la santé et la sécurité des jeunes, tout en leur permettant de découvrir le monde professionnel dans de bonnes conditions.
Les stages de 3ème et de seconde sont des stages d’observation : le jeune ne doit effectuer aucune tâche opérationnelle. Les PFMP en lycée professionnel peuvent comporter des missions pratiques, mais toujours dans le respect des interdictions et des dérogations encadrées par l’inspection du travail.
Pour préparer au mieux l’accueil d’un stagiaire mineur, consultez les ressources officielles sur Service-public.fr et le site du ministère de l’Éducation nationale. Si vous cherchez des conseils pour accompagner un jeune dans sa recherche de stage, consultez notre modèle de CV pour stage de 3ème.